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Zurichois très connecté

05.05.2010 | L'Agéfi Suisse

DKSH. La société de services a gagné sa réputation sur la tradition familiale. L’actionnariat est devenu un collège people international.

A Zurich, le groupe familial est une véritable institution. Mais la notoriété de DKSH est certainement plus forte en Chine qu’en Suisse romande. Deux ouvrages consacrent pourtant les 140 ans d’histoire de ce pionnier de la logistique et du trading en Asie, dont l’un publié chez Orell Füssli entame déjà son second tirage. DKSH s’est développée dans la tradition familiale, le groupe s’est constitué au gré des fusions, d’abord des affaires Diethelm et Keller, puis, en 2002, avec SieberHegner. La société est aujourd’hui au coeur de plusieurs réseaux de figures fortes de l’industrie et de la finance, avec un actionnariat désormais international et très connecté.

Depuis début 2010, les connexions s’étendent jusqu’à Genève. Pierre Mirabaud, ex-président de l’Association suisse des banquiers privés, est entré dans le capital en reprenant une partie des titres détenus par Carolina Müller-Möhl, veuve du banquier Ernst Müller-Möhl et membre du conseil de Nestlé depuis 2004. «Preuve que le groupe intéresse au-delà des industries clientes», pointe Jörg Wolle, président du conseil et de l’exécutif. La composition actuelle du conseil d’administration reflète le haut niveau de visibilité du groupe. Trois personnalités s’illustrent en particulier. Robert Peugeot incarne la grande étape d’expansion de l’actionnariat, survenue début 2008. Peu avant une augmentation de capital de
170 millions, la dynastie française Peugeot prend dix pourcent du capital actions. Robert Peugeot entre alors au conseil. Outre ses engagements dans le groupe PSA Peugeot Citroën, il préside le conseil et l’exécutif du holding familial FFP (Société Foncière Financière et de Participations). La présence de Peugeot signale également l’activité importante de DKSH dans l’industrie automobile. 2008 marque aussi l’arrivée de Rainer-Marc Frey, figure suisse du hedge fund (Horizon21, RMF), qui prend aussi 10% et entre au conseil. Outre ses diverses positions d’investisseurs, il est une personnalité reconnue dans la banque d’investissement. Il intègre le conseil de UBS en octobre 2008, où il est notamment membre de la commission de gestion du risque.

Troisième personnalité emblématique, Frank Gulich, membre du conseil de DKSH depuis 2009. Il représente les intérêts de Stephan Schmidheiny, 221e fortune mondiale selon Forbes et ancien administrateur de Nestlé, ABB, Swatch Group et UBS. Frank Gulich agit aussi en délégué du groupe Anova, véhicule de gestion des avoirs de Stephan Schmidheiny. Au tournant des années
2000, il a aussi dirigé le groupe Müller-Möhl (créé par Carolina en 2000), et siégé chez SiberHegner, avant la fusion avec Diethelm Keller (futur DKSH).

La famille Keller est également bien représentée, avec Andreas Keller et Adrian Keller, encore membre du conseil de la banque Berenberg.

Jörg Wolle, qui occupait la présidence du conseil et de l’exécutif de SiberHegner avant la grande fusion, apprécie cette constellation. Il a d’ailleurs réaffirmé hier,
lors du bilan annuel, sa volonté de ne pas se risquer sur le marché public. Un phantasme régulièrement alimenté, tant le groupe privé se présenterait à l’évidence comme un bon candidat. L’exercice 2009 s’est conclu par des ventes en hausse de 4,8% à 8,6 milliards de francs. Pour un bénéfice opérationnel de 128 millions de francs, marqué par la contribution de toutes les unités d’affaires (luxe, biens de consommation, santé, technologie). Pour la première fois, DKSH publie aussi son bénéfice net: 85 millions, en baisse de 3,4 %.

Le groupe familiale est une institution à Zurich. Mais la notorité de DKSH est certainement plus forte en Chine qu'en Suisse Romande.

Stéphane Gachet, Zurich

www.agefi.com

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